Exposition hommages à Jacques Czerwiec, Didier Imart et Jean-Michel Prêt du 6 juin au 4 juillet 2026

Conjointement organisée par Terre et Terres et le Centre Céramique Contemporaine de Giroussens, cette exposition rendra hommage à trois céramistes de notre région qui nous ont quittés en 2025.

Jacques Czerwiec, Didier Imart et Jean-Michel Prêt ont tous les trois marqués Terre et Terres par leur engagement associatif, leur passion et leur amitié.

Du 6 juin au 4 juillet 2026 dans la salle Lucie Bouniol du Centre Céramique Contemporaine de Giroussens.


Jacques Czerwiec

Jacques | Terre et Terres | Actualité | Exposition hommages à Jacques Czerwiec, Didier Imart et Jean-Michel Prêt du 6 juin au 4 juillet 2026 | Article | Terre et Terres | 18 mai 2026

Notre compagnon au regard bleu azur, Jacques Czerwiec, fut lui aussi dans la première équipe du marché de Giroussens, il a été un potier spécialisé dans la terre vernissée, installé dans le Tarn, à Réalmont. Il a appris son métier à la dure en travaillant dans des ateliers de production, notamment à Castelnaudary, où il a tourné des plats, des jarres et des pièces aux décors engobés.

Vers 1980, il s’installe à Ronel avec sa femme Dominique Sire. Ensemble, ils y ont développé un atelier où il a réalisé une importante série de grandes jarres en terre vernissée, tandis que Dominique en peignait les décors floraux caractéristiques. Leur travail connait alors un grand succès sur les marchés, les salons professionnels, Maison et objet, mais aussi à l’international. Il s’inscrit dans la tradition méridionale de la terre vernissée tout en lui donnant une expression personnelle et décorative.

Vers la la fin de sa vie il découvre une autre forme de décor plus abstrait, éclatant de couleurs empreint d’impressionnisme abstrait.


Didier Imart

Didier | Terre et Terres | Actualité | Exposition hommages à Jacques Czerwiec, Didier Imart et Jean-Michel Prêt du 6 juin au 4 juillet 2026 | Article | Terre et Terres | 18 mai 2026Didier Imart est tombé très tôt dans la céramique. À quatorze ans, il refuse de poursuivre le collège et choisit d’entrer directement en apprentissage. Il est accueilli pendant quatre ans chez le potier Jacques Thiveaud, au point de devenir presque le quatrième fils de la famille.

Il poursuit ensuite sa formation au lycée de Castelnaudary, où il apprend notamment la technique du moulage. Très impliqué dans son métier, il part ensuite pendant neuf ans à Pontoise pour animer un atelier de céramique dans une école privée.

En 1976, il achète la maison de L’Oulmié. Deux ans plus tard, en 1978, il épouse Nicole. Ce lieu devient à la fois son atelier et bientôt le siège de l’association Terre et Terres. Beaucoup d’amis et de céramistes y passent, et la maison devient un véritable point de rencontre pour les premiers potiers de Terre et Terres. Ceux qui viennent de loin, comme Jean-Michel Prêt et Patrice Teulières, dorment sur place dans une ambiance très familiale.

Les réunions de l’association se tiennent dans un petit local prêté par des voisins, tout près de la maison. On s’y retrouve souvent autour d’une mouclade — ces moules cuites au feu de bois — ou pour célébrer les anniversaires de Sylviane, de Jean-Michel et des autres. L’hiver, Didier arrive parfois le premier pour préparer la pièce et allumer le poêle afin que Catherine de Lagabbe, Françoise Nugier, Marie Costes ou Alain Déjardin n’aient pas à travailler dans le froid.

C’est dans cette atmosphère vivante que l’association grandit et que naît le premier marché de potiers de Giroussens. Didier est à l’origine du choix du marché à Giroussens après sa rencontre avec Claude Canonica et Casimir Belda. Les réunions sont animées : il arrive qu’on s’y dispute, mais toujours dans une ambiance chaleureuse et fraternelle.

Le premier marché reste un moment marquant. Nicole se souvient des habitants de Giroussens — notamment les mamies du village — qui préparaient des moungettes pour les potiers. Le soir venu, la fête continuait avec des danses qui semblaient ne jamais vouloir finir !


Jean-Michel Prêt

Jean Michel | Terre et Terres | Actualité | Exposition hommages à Jacques Czerwiec, Didier Imart et Jean-Michel Prêt du 6 juin au 4 juillet 2026 | Article | Terre et Terres | 18 mai 2026Jean-Michel Prêt s’en est allé le 16 décembre dernier. Il venait d’avoir 80 ans. Il disparaît, cet artiste si discret, si secret, lui si peu dans le paraître ! Un corps ascétique, vertical, aux épaules légèrement penchées, avec de grandes mains qui avaient plutôt l’air de l’embarrasser hors de son atelier. Une voix très sensible, pleine de doutes, accueillante à la parole de l’autre.

Il nous avait enchantés cet été au cœur de Millau, à l’Hôtel de Tauriac, avec cette Géologie approximative capable de soulever les montagnes à l’aide de son petit crayon têtu. Quelle modestie dans les moyens pour exprimer l’ampleur de ce Puech qu’il contemplait journellement, amoureusement, comme Cézanne sa Sainte-Victoire. Quel cadeau, quelle fierté, pour nous Millavois, de sentir que nos falaises familières pouvaient nourrir un imaginaire aussi créatif et contagieux. C’est bien d’une sublimation de notre patrimoine naturel qu’il nous offre.

Jean-Michel aimait la matière. D’abord la terre avant le papier comme support ! Au Soulayrol, petite ferme près de Coupiac qu’il avait restaurée avec Eveline, son épouse. Il fut un grand céramiste, alliant la rusticité d’une forme et le raffinement subtil des émaux. Petite anecdote : un pailler, à 150 mètres de leur maison, abritait une exposition de ses poteries. Ouverte jour et nuit, le passant pouvait y choisir une pièce et la régler dans une tirelire prévue à cet effet. Jamais personne ne partit sans s’acquitter !

Dans cette confiance — bien naïve diront certains — en la nature humaine, tout Jean-Michel est là ! S’abandonner ainsi à l’inconnu, parier que l’autre sera touché par cette confiance inhabituelle, n’est-ce pas, à l’heure où tout se calcule, se maîtrise et se prévoit, une sacrée leçon d’espérance ?

Nous sommes tristes, très tristes, de perdre avant le temps cet homme rare, et nous disons à Eveline, à leurs fils, à tous leurs proches combien nous sommes heureux et fiers de l’avoir connu, estimé et aimé. Combien, Claude et nous, partageons leur chagrin.

Et puis… en sa compagnie, nous pouvons encore nous balader avec bonheur dans ces rochers qu’il a su, avec son petit crayon, ancrer pour toujours dans la mémoire.
Texte d’Elisabeth Baillon

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